Réveil
à 8 heures, il est encore tôt mais le soleil tape dur,
la mer est d'un bleu azur et le petit déjeuner offert
sur une plage par un producteur de court métrage est
pantagruélique. Pas facile tous les jours d'être à Cannes.
Aux
détours d'une terrasse, une future vieille bande de
potes me propose d'aller voir La Pignata : Une
bonne vieille série Z qui repose sur une bonne vieille
légende mexicaine. Tout y est : Une île déserte, une
statue en bois qui se transforme en démon numérique
aux yeux de braise dès qu'on la taquine un peu, et une
bande d'étudiants joueurs menottés par couple parce
que sinon c'est pas drôle. En bonus on a même droit
à deux blondes sculpturales tout droit sorties d'une
production Marc Dorsel. Ayant bien relu leur petit Mc
Giver illustré, trois d'entre eux finiront par s'en
sortir. Ouf on est soulagé.
Sans
transition, je me propose d'aller voir Kedma d'Amos
Gitai. En quelques secondes on quitte Cannes pour se
retrouver en exil dans la cale d'un bateau perdu entre
l'holocauste et Israel. Gitai décrit lentement la douleur
du peuple juif qui n'a jamais pu écrire son histoire.
Malgré la lenteur du film queqlues scènes intenses,
violentes ou poétiques en font une œuvre forte et pacifique.
Minuit
et demi, Episode II dans la salle du Palais,
ambiance des grands jours dans la salle du Palais :
plus aucun fauteuil de libre. Le maître Georges Lucas,
arrive enfin, ovation, exclamations, applaudissements.
Quand le logo de Lucasfilms Ltd apparaît sur l'écran,
c'est carrément du délire, mon voisin pousse un cri
digne d'un wookie et me massacre le tympan gauche. La
musique de John Williams retentit alors et la magie
commence. Deux heures et quart plus tard, la lumière
se rallume... Toute la salle est debout, frappant des
mains, des pieds ou même sur la tête des leurs voisins
car certains n'ont pas résisté à l'heure tardive (il
est déjà 3 heures du mat). Un sourire de môme sur mes
lèvres, j'admire Georges Lucas saluer la foule. Avec
ses santiags rouges, et son look de texan débonnaire,
il semble étrangement serein. Rendez vous dans trois
ans pour l'Episode III.
Au
fond de mes poches traine une invite pour une soirée
sur la plage du Martinez. Je ne sais plus comment elle
est arrivée là mais ça tombe plutôt bien, je n'ai pas
mangé de la journée. Ce sera en faite la soirée la plus
courte de ma vie : le videur, l'escalier, la piste quasiment
vide, le bar introuvable, les gens endormis par une
musique insipide, terminé. 30 secondes top chrono, j'aurais
pu faire mieux mais j'étais pas en forme.
Thomas
P & Boris P