Lever
3 h après le reveil.
Après
30 minutes de queue pour voir 17 fois Cecile Cassard
(avec Romain Duris, Béatrice Dalle etc.), et au moment
de passer le premier des 19 points de contrôle, la gentille
hôtesse me dit avec son accent chantant "C'est complet".
Trainquilleuh. Pour la peine je vais aller voir Bowling
for Columbine de Michaël Moore. Le sujet : "les
Américains et les armes à feux". On se régale d'avance.
Efficace, inquiétant, hilarant, ingénieux, les adjectifs
ne manquent pas pour qualifier le travail de Moore qui
a eu droit à une standing ovation de 10 minutes à la
fin de la séance. Visiblement très ému, il a pris la
parole pour dire combien cet enthousiasme l'encourageait
à présenter son film aux Etats-Unis où l'accueil sera
probablement moins chaleureux. Autant le dire tout de
suite, si ce film n'est pas récompensé, je me...
"Un
bon conseil, y a Samourais à 15 heures au marché, tu
ne peux pas le rater, ça déchire, un film français avec
des ninjas et des combats de sabre..." ... On ne devrait
jamais faire confiance aux vieux potes. Le film en question
est foireux, manque de rythme et souffre d'un humour
'banlieue-jeu vidéo' : je parle en verlan et ma console
est ma meilleure amie. Les Français essayent de faire
un film de genre, mais c'est pas encore gagné.
Au
détour d'un couloir du Palais, le même ami bien renseigné
tente de se racheter : "euh y a Bloody Mallory
ce soir, alors c'est encore un film français mais c'est
l'histoire d'une nana qui kicke des démons". Malgré
mon regard dubitatif, je me laisse embobiner par son
discours de vendeur, plein de promesses, de bastons
délirantes, de gunfights survoltés et d'effets spéciaux
bien gaulois. Au final, de la série B au film Z il n'y
a en fait que 24 images par seconde.
Ecoeuré
par tant de bonne volonté qui finit mal, je récupère
des places pour aller voir le Oliveira demain, quand
soudain, je me prosterne devant une apparition qui tient
du miracle. Un beau flyer qui annonce une projection
unique du nouveau film du Belge sautilleur JCVD pour
dimanche après midi. Il existe bien un Dieu pour les
cinéphiles fous.
Enfin
pour finir, un bon exemple de soirée Total Loser : 2
soirées avortées, 3 aller-retours sur la Croisette,
pour finir au petit matin dans un jardin sous la pluie,
histoire d'entretenir sa pneumonie.
Thomas
P & Boris P